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Des souverainistes de droite et de gauche se sont retrouvés hier contre le projet de « Constitution européenne bis ».
« Coup d’état », « haute trahison », « viol »... Les partisans d’un référendum sur le projet de « Constitution européenne bis » n’ont pas eu de mots assez durs, hier, contre la décision de Nicolas Sarkozy, conformément à ses engagements de campagne, de faire adopter le nouveau traité européen par la voie parlementaire. Pour l’occasion, Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, Marie-Noëlle Lienemann, député européen socialiste, ou Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, se sont retrouvés à la même tribune. À l’unisson, ils ont appelé tous les « républicains » à la « résistance ».
« Nous sommes à la veille d’un coup d’État. On est en train de violer la nation. Nous devons résister pour faire respecter la liberté du peuple », a lancé Pierre Lefranc, faisant allusion au référendum du 29 mai 2005 par lequel 55 % des Français avaient rejeté la Constitution européenne. « Même ceux qui ont été pour le oui doivent se dresser pour demander un référendum », a enchéri Marie-Noëlle Lienemann. « Les forces de gauche », a-t-elle dit, « ne peuvent pas refuser la parole au peuple ».
Devant un millier de personnes, Nicolas Dupont-Aignan a accusé Nicolas Sarkozy d’avoir « déterré et ressuscité la Constitution européenne qu’il avait promis d’enterrer ». Le député (ex-UMP) de l’Essonne, à l’origine de ce rassemblement, a martelé : « Vous devez résister avec nous à cette nouvelle tentation des élites de court-circuiter le peuple (…) Pour ce traité, je le répète scélérat, la préméditation est avérée, entière, transnationale. Elle est cynique et brutale. »
Pour Jean-Pierre Chevènement, le traité de Lisbonne est « un déni de démocratie » qui conduira à « la France diminuée, ligotée, la démocratie garrottée, le monde du travail livré sans défense au capital financier ». « Le vent de révolte se lèvera », veut croire l’ancien ministre de l’Intérieur, qui a calculé qu’environ 363 parlementaires de gauche, MoDem et UMP souverainistes pouvaient « faire obstacle à cette révision ». « Les républicains comptent sur leur courage », a ajouté Jean-Pierre Chevènement qui « se refuse à croire que le PS fera ainsi la courte échelle à Nicolas Sarkozy » et qui rappelle à François Bayrou qu’il « préconisait un référendum, il y a sept mois ».